PREFACE GENENRALE AUX "PLEINES ARMES DE FRANCE DE CLOVIS AU DUC D'ANJOU" - 1995

Publié le 22 Juillet 2015

LES PLEINES ARMES DE FRANCE DE CLOVIS AU DUC D'ANJOU : PREFACE GENERALE

A la mort d'Henri V ,comte de Chambord en 1883, ce fut la fin d'un monde, et le début d'un grand désordre. Certes les nouveaux aînés représentaient en droit la royauté très chrétienne, mais ces princes de Bourbon étaient obnubilés par l'Espagne. Henri V le savait bien et la chose le consternait, d'autant qu'il redoutait l'arrivée des Orléans sur le trône. On ne reviendra pas ici sur son opinion, plus d'une fois manifestée : les lettres du R.P. jésuite Bole, son confesseur ne font que ratifier tout ce que l'on sait en la matière ; il suffit de lire le travail de Paul-Eric Blanrue sur ce sujet (1). Il semble par ailleurs qu'une majorité de royalistes sans doctrine ait rallié le camp tricolore et libéral des Orléans dès 1830, ce qui est manifeste, au plus haut niveau, avec les chevaliers français de l'ordre du Saint-Esprit (2). C'est ainsi que le comte de Paris (Louis-Philippe d'Orléans titré tel par son grand-père, le roi des Français), eut beaucoup de facilité à se faire
admettre comme "Philippe VII chef de la maison de France", et l'on connaît la joie des orléanistes en voyant leur "roi" se faire "reconnaître" par François-Joseph d'Autriche-Hongrie et je ne sais quels autres souverains, bref, par l'étranger.
Quelques légitimistes restèrent groupés autour des peu brillants aînés, maintenant plus ou moins bien, dans Frohsdorf ou hors Frohsdorf, après 1931, le culte de la tradition multiséculaire de nos Rois, tradition se manifestant par le drapeau blanc de la France capétienne, le port des pleines armes de France et le rare don des Ordres du Roi, le Saint-Esprit et Saint-Michel.
Si les princes devant porter le lambel s'aventurèrent peu à conférer le Saint-Esprit (le duc d'Orléans donna sans aucun droit quatre colliers), il n'en reste pas moins qu'ils n'hésitèrent pas à prendre les pleines armes de France, ce qui entraîna la protestation de Charles XI, duc de Madrid, le don Carlos VII des carlistes.
La justice française eut à s'occuper trois fois du problème des pleines armes de France. Tout d'abord en 1897 où elle erra, puis en 1988 et 1989. C'est alors que jugeant au nom de l'actuel souverain, le peuple français, cette justice déclara que les princes cadets ne pouvaient contester à l'aîné de porter les pleines armes de France. Autrement dit, Monseigneur le prince Louis-Alphonse de Bourbon, qui signe "Louis duc d'Anjou" ses lettres françaises, est seul habilité à porter les armes de nos anciens Rois. Certes, la chose est évidente à tout héraldiste français et même
étranger, connaissant le droit héraldique français, de même qu'elle va de soi pour un légitimiste à l'écoute des professeurs de droit constitutionnel et d'histoire des institutions, mais il n'est pas mauvais que ce soit en quelque sorte ratifié par la justice nationale.
On trouvera dans le n°6 de Fidelis édité par le SICRE (Paris, 1994) les textes fondamentaux relatifs aux jugements et arrêt de 1988 et 1989.
Ecrasés, les princes cadets ne formèrent pas de pourvoi en cassation. Si monseigneur le prince
Ferdinand des Deux-Siciles avaient eu la dignité d'abandonner le rôle qu'on lui avait fait tenir en
première instance, les princes Sixte-Henri de Parme et Henri d'Orléans (fils aîné du chef de branche) en furent donc pour leurs frais. S'il n'y a guère d'étonnement à voir un Orléans lutter contre son aîné (ne pas oublier que son père se dit parfois de Bourbon-Orléans), il y a quelque tristesse à constater qu'un prince de Parme, issu par femme de Charles X, osa faire de même, ce qui entraîna quelques actions d'autres princes de Parme qui montrèrent leur fidélité au prince Alphonse lors du procès de 1988.
Il est évident que nos chers frères séparés, je veux parler des orléanistes, firent tout ce qui était en leur pouvoir pour cacher la victoire du droit héraldique, allant jusqu'à transposer les termes du jugement et de l'arrêt. Mais pour de nombreux autres royalistes et même pour des républicains, ce fut une découverte et même une joie de voir la vérité dynastique reconnue. L'aîné est le porteur des pleines armes. Un point c'est tout.
Hors de toute réclamation d'un trône, de toute affirmation politique, le chef de maison s'est donc vu reconnaître la possession d'un signe relatif à une tradition multiséculaire, celle qui va du baptême de Clovis à la prise d'Alger.
Avant d'aller regarder de plus près cette tradition, je signale une pitoyable contre-offensive orléaniste dans un hebdomadaire trop souvent mal orienté, Point de vue-images du monde, lu par un large public ami des altesses et royautés.
Selon cette revue, le prince Alphonse, duc de Cadix, portait en Espagne les armes de France à la bordure de gueules, l'écu timbré de la couronne de duc à 5 feuilles d'ache ou fleurons visibles... La source de cette affirmation et d'un dessin destiné à diminuer l'importance du feu chef de la maison de Bourbon était, paraît-il, le chroniqueur roi d'armes d'Espagne, don Vicente de Cadenas y Vicente. Je demandais à ce vieil ami (on se connaît depuis 1955) comment il avait pu dire ou écrire une telle chose, alors que je savais qu'il pensait le contraire (3), et il me répondit bien
simplement qu'il ne s'agissait pas là véritablement des armes du feu duc de Cadix, mais, bien à la mode espagnole, des armes du titre. La chose est peu simple pour un Français, mais en Espagne, le premier porteur d'un titre porte des armes qui serviront aux futurs titrés. Or ceux-ci peuvent être d'autres maisons, les titres passant par les femmes, et ils sont en droit d'arborer les armes du premier titré sur leurs armes propres, celles de leur lignée paternelle. Pour Cadix, la
chose était alors évidente. Le premier duc de Cadix fut François d'Assise, premier fils de l'Infant François de Paule : né en 1820, l'enfant mourut en 1821. Le deuxième duc fut un autre François d'Assise, son frère cadet, né en 1822, et qui fut connu de tous avec ce titre jusqu'à son mariage avec la reine constitutionnelle, sa cousine germaine Isabelle II. Ce roi-consort mourut à Epinay (Seine-Saint-Denis) en 1902 et son plus direct représentant, l'aîné des mâles issus de lui fut le prince Alphonse, justement titré duc de Cadix par le chef de l'Etat espagnol, à la demande de son cousin germain le prince d'Espagne.
Le futur roi François d'Assise portait les armes d'Espagne ou plus simplement celles de sa lignée issue de Philippe V, l'ex-duc d'Anjou : de France à la bordure de gueules, armes qu'il garda comme roi sur le tout des quartiers espagnols. Il était en effet d'une branche cadette qui ne devint aînée de la maison de Bourbon qu'en 1936, quand Alphonse XIII exilé à Rome succéda au dernier roi carliste, Alphonse-Charles Ier, duc de San-Jaime, le Charles XII, duc d'Anjou des légitimistes.
On voit donc l'astuce grossière de Point de vue-Images du monde : traiter le feu prince Alphonse
comme un simple titré espagnol... qu'il n'était certes pas, puisque chef de la plus illustre maison du monde et reconnu de son vivant comme légitime porteur des pleines armes de France, d'azur à trois fleurs de lis d'or sans aucune brisure.
On s'excuse presque de rappeler ces billevesées pour des mondains futiles et de braves gens sans doctrine, mais enfin, tout mensonge se doit d'être combattu. Si une bêtise comme celle qui vient d'être contée n'est pas démontrée fausse par un héraldiste de métier, qui le fera ?
Regardons maintenant de plus près cette question de tradition. L'héraldique naît au début du XIIème siècle, sans doute dans le nord de la France et en connexion avec l'Angleterre, les combats et les tournois. Certains faits laissent même entendre un commencement à
l'extrême fin du XIème. Louis VII inventa les armes d'azur semé de fleurs de lis d'or, dérivées de ses vêtements ornés d'un cosmos spirituel, donc de la Jérusalem céleste. Cette création date de 1137/1147 comme je l'ai montré en 1980. Un siècle après, cette signification cosmique était peu compréhensible et l'on commença à disserter sur l'aspect trinitaire de la fleur de lis puis, au début du XIVème siècle, des auteurs se mirent à écrire des poèmes montrant que les armes du Roi venaient du ciel et même, chose extraordinaire, qu'elles avaient été apportées à sainte Clotilde par un ange afin d'en parer Clovis partant combattre les ennemis de l'est. Ayant accepté de changer ses armes païennes pour des armes célestes et fleurdelisées, Clovis fut vainqueur et se fit baptiser.
Ces belles histoires du XIVème siècle furent d'autant mieux acceptées que les auteurs et les héraldistes (de métier comme les hérauts ou d'occasion) imaginèrent que les hommes illustres de l'Antiquité et du moyen âge durent porter des armes. L'héraldique envahit le champ de l'imaginaire et dans une telle conquête du passé rien ne pouvait éviter à Clovis ou à Charlemagne de se voir attribuer des armes, de même qu'Alexandre, César ou David.
C'est ce que la tapisserie du "Baptême de Clovis" au Musée archéologique de Saint-Rémi de Reims nous montre si bien. Faisant partie de la série de tapisseries sur la vie de saint Remi donnée par Robert de Lénoncourt, archevêque duc de Reims, pair de France, abbé commendataire de Saint-Rémi, etc. à l'abbaye en question (1531), ce chef-d'oeuvre héraldise à merveille le début de notre tradition étatique, le baptême du Mérovingien et donc de la France, en une année de l'extrême fin du Vème siècle, mise par tradition à 496, l'événement ayant probablement eu lieu deux ou trois ans après cette date.
Or, si la France ne voulu rien commémorer en 1796 (en cette triste époque du Directoire, le général Bonaparte remportait ses premières victoires en Italie !), elle ne voulut rien faire non plus cent ans plus tard. La troisième République en guerre contre la religion et surtout contre l'Eglise catholique, supporta même fort mal les commémorations rémoises de 1896, année qui vit un afflux de prélats de France et de l'étranger se diriger vers la cathédrale des sacres. On nous assure que tout se passera mieux en 1996 pour le 1500ème anniversaire de l'acte fondateur. S.S. le pape Jean-Paul II n'a-t-il pas lui-même rappelé que la France était la fille aînée de l'Eglise et qu'elle ne devait pas faillir à sa mission ?
Quoiqu'il en soit, dans la légende française, les armes célestes sont mêlées aux signes et insignes venant d'en haut : la sainte ampoule imaginée au VIIIème siècle et magnifiée par Hincmar de Reims, l'oriflamme de Saint-Denis, la croix blanche triomphante au XVème siècle
après l'apparition de Bayonne, etc. L'apport des armes célestes enchanta nos aïeux, et cela d'autant plus que cet écu fleurdelisé proclama finalement le mystère de notre foi, celui de la Sainte Trinité, au nom de Laquelle Clovis fut baptisé : la fleur de lis était perçue comme trinitaire en soi et la réduction de ces fleurs célestes à trois sous Charles V ou Charles VI fut liée officiellement au Dieu en trois Personnes. Les Valois en prirent un ou deux anges comme tenants de
l'écu trinitaire. Monseigneur le prince Louis, représentant de cette tradition étatique multiséculaire,
a donc ses armes tenues par deux anges vêtus de blanc, couleur de Dieu et de ses messagers, livrée du ciel des ressuscités.
L'héraldiste légitimiste ne saurait mieux fêter 1996 qu'en republiant deux textes qui ont mené vers la connaissance publique d'un aînesse, représentant de notre antique tradition qui prend sa source au baptistère de Reims.
Il serait certes facile de disserter dans l'abstrait et de voir les choses de plus loin, de Sirius comme on le dit de nos jours. Je n'ai guère écrit de cette façon, redoutant depuis longtemps la ruine de la patrie et le triomphe des barbares déjà installés au cœur de l'hexagone résiduel. A chacun son style. Le mien est celui du souvenir et du décryptement de ses éléments utiles pour aider à l'indispensable renouveau de toutes choses en ce royaume perdu.
Les armes d'azur à trois fleurs de lis d'or sont probablement un des éléments du fil d'Ariane qui
servira un jour au peuple français pour lui faire découvrir la vérité politique et dynastique salvatrice. Certes, je ne puis prédire l'avenir connu de Dieu seul, et puis donc me tromper, mais il ma paraît (à tort ou à raison, Dieu seul le sait) que la reconnaissance publique de ces armes à l'aîné des Capétiens, au chef de la maison de Bourbon, est un fait qui ne saurait laisser indifférent un Français attaché au passé, et même un signe annonciateur d'un ressourcement au baptistère de Reims, autrement dit une aurore consolatrice au milieu des tempêtes qui s'annoncent.
Que Dieu garde le légitime porteur de ces armes sacrées, résumé d'une histoire, d'une mission et d'une volonté!
L'auteur de ces lignes perçoit encore ces fleurs de lis soutenues par les deux anges gardiens du Roi (l'un relatif à sa personne privée, l'autre à sa personne publique, ainsi que l'écrivait Charles de Grassaille dans la première moitié du XVIème siècle) comme une indispensable composante de notre futur symbolique d'Etat, qui sera aussi enrichie des cœurs de Jésus et de Marie, pour autant qu'on veuille bien prendre en compte certains messages venant, là encore, d'en haut.
Ce qui ne veut évidemment pas dire que le nouveau Clovis aura des cœurs sur son écu trinitaire, ce qui le surchargerait inutilement à la mode des Naundorff et qui redoublerait la représentation du Fils. Je renvois à divers textes miens pour ne pas en dire plus ici (4).
Ceci écrit, je remercie Patrice de La Perrière et Thérèse Josset d'avoir accueilli cette réimpression au Léopard d'Or, cinq ans après un triomphe héraldique en cours d'appel et deux ans avant la commémoration d'un fameux baptême.
Quarante ans aussi après mon engagement dans la Légitimité. En 1953 je commençais en effet à travailler au tome premier de l'Héraldique capétienne qui sortit de l'imprimerie le 4 août 1954. J'y écrivais que les successeurs légitimes du comte de Chambord étaient les aînés des Bourbon d'Espagne, ce qui me faisait aboutir à un Infant pour ainsi dire sourd-muet.
A cette époque, aucun des ténors de l'actuelle mouvance légitimiste n'existait : ils n'étaient pas encore nés, ou ils étaient en culotte courte ou bien encore préoccupés de leurs seules affaires. Ces derniers n'avaient aucune idée de la légitimité, ou même avaient abandonnés "don Jaime", ce qui explique la difficulté qu'il y eut à remonter la pente... Seul, émergeait Michel Josseaume qui m'avait enfin converti à la cause et qui se fit lointain après le dernier numéro de la feuille ronéotypée Le drapeau blanc, daté d'octobre 1957, y raillant à juste titre l'entourage de "don
Jaime" dont je ne faisais alors point partie ("Mrs d'Alderete et Ed. de Roquefeuil"...), ainsi que le roi d'Espagne 'don Javier" de Parme, son fils "don Hugo-Carlos prince des Asturies", etc. C'était un autre temps et l'on revient de loin ! Il fallut le secrétariat de S.A.R. Mgr le duc de Bourbon, autrement dit du prince Alphonse (1962) qui "lança" ce trop discret et réticent dynaste, puis, avec la bénédiction de celui-ci, le secrétariat de Mgr le duc d'Anjou, son père (1967), pour que tout soit peu à peu normalisé. Ce fut un rude travail que l'on oublie trop. Il fut avant tout l'œuvre du comte Pierre de le Forest-Divonne, décédé en 1983, et de son meilleur ami, signataire de ces lignes. C'est préciser que le survivant n'a guère de leçons à recevoir des ténors évoqués ci-dessus et que de bataille en bataille on en vint à parler d'héraldique jusqu'au plus haut niveau. Le terrain était bon, l'occasion rêvée, les compétences assurées, l'avocat réputé... Ce fut donc une heureuse victoire dont les effets se feront sentir durant longtemps et que les commentateurs des feuilles juridiques n'ont pas toujours comprises.
Ceci me mène vers une évocation amusante et touchante relative au prince Alphonse. Le 3 octobre 1987, donc en l'année du Millénaire capétien, il y eut une fête populaire au château de Béthune (La Chapelle d'Angillon) et d'un hélicoptère un parachutiste descendit en arborant une vaste bannière bleue semée de fleurs de lis d'or, emblème qu'il remit au prince lors de sa prise de contact avec le sol... Le journal local nous a laissé une photographie de cet instant qui actualisait une vieille légende, ayant laissé des traces dans l'esprit des Français fidèles à une tradition multiséculaire (5).

H. P.


NOTES


(1) Paul-Eric BLANRUE, Lumières sur le comte de Chambord, SICRE (1 square Racan, 75016 Paris), avec une préface mienne : "Henri le Pieux". L'auteur a obtenu sa maîtrise d'histoire par un mémoire relatif aux lettres de ce jésuite.

(2) Hervé PINOTEAU, L'ordre du Saint-Esprit en 1830 et la survivance des Ordres du Roi, Nouvelles éditions latines (1 rue Palatine, 75006 Paris), 1983. On devra modifier le nombre des chevaliers Français ayant reconnus Louis-Philippe Ier, car le maréchal Marmont, duc de Raguse, se soumit finalement à la monarchie de Juillet.

(3) Le feu prince Alphonse avait été reçu dans l'Asociacion de hidalgos a fuero de España (l'un de ses dirigeants est justement V. de Cadenas !) comme S.A.R. le sérénissime seigneur prince don Alfonso de Borbon (ou Borbon Dampierre), prince de la maison de Bourbon, aîné des petits-fils d'Alfonso XIII, et qui devait devenir un jour le chef de l'auguste maison de Bourbon, une des plus illustre du globe et dont les générations connues remontent à plus d'un millénaire... Avec le dossier 2584, approuvé par le comité le 26 décembre 1966, le Prince fut reçu avec les armes
suivantes : un écu de France (ou de Bourbon, comme on dit en Espagne), plein, sans bordure, timbré d'une couronne fermée (Gacetilla del estado de hidalgos, Madrid, décembre 1966, année VIII, n°68, p. 161-162, 166). L même V. de Cadenas montra que le décret de Franco sur les armes du prince d'Espagne était erroné sur un point, car il oubliait la bordure de gueules autour de l'écu fleurdelisé sur le tout des armes d'Espagne, les pleines armes revenant à l'Infant don Jaime et à son fils Alfonso (Hidalguia, Madrid, n°106, mai-juin 1971, p. 305-314, article sur "El guion y el estendarte del principe de Espagna"). V. de Cadenas avait été très net à propos de ce décret du 22 avril 1971 qui écrivait : "en escuson, de azur tres flores de lis de oro, que es de Borbon". Notre auteur insistait : les armes pures (non brisées) sont à l'aîné, donc aux rois carlistes, puis à Alphonse XIII et enfin à l'Infant don Jaime, chef de maison et prétendant des légitimistes français au trône de leur nation. V. de Cadenas réitéra sur la question de l'aînesse ("Legislacion relativa al
principe de España", ibidem, n°115, novembre-décembre 1972, p.857-858). Encore, du même auteur : "Defuncion de S.A.R. don Alfonso de Borbon Dampierre, duque de Anjou y duque de Cadiz, jefe de la casa de Francia" (ibidem, n°212, janvier-février 1989, p.2). D'autres articles du même genre ont été imprimés dans cette revue. De plus, chaque année paraît l'Elenco de grandezas y titulos nobiliarios espanoles aux Ediciones de la revista Hidalguia, et l'un des auteurs est justement V. de Cadenas. Or don Jaime et don Alfonso y ont toujours été inscrits comme chefs
de la maison de France. Dans l'édition de 1994, p.14, on peut lire : "Luis Alfonso, Duque de Anjou y de Borbon, Jefe de la Real Casa de Francia, Gran Maestre de las Ordenes de San Miguel y Santo Espiritu y de la Real y Militar Orden de San Luis, n. Madrid, 25 abril 1974." On voit immédiatement quelle fut la malice de Point de vue-Images du monde.

(4) Hervé PINOTEAU, "Le Sacré-Coeur et les Bourbons", Feuille d'information légitimiste (publiée
par le SICRE), n°65, avril 1989, p.1-3.

(5) Le 3 octobre était le jour de la fête de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face, patronne secondaire de la France au même titre que sainte Jeanne d'Arc. Or on connaît une photographie de la sœur Thérèse en question jouant le rôle de Jeanne d'Arc au carmel de Lisieux ! Jacques Ier/don Jaime, duc d'Anjou et de Madrid, avait une spéciale dévotion envers la carmélite : il se rendit d'ailleurs à Lisieux pour y donner une croix reliquaire venant d'Henri V et de Frohsdorf, contenant deux fragments de la Vraie Croix, en la fête de l'exaltation de la Sainte Croix, 14 septembre 1926. Venu à son tour en ce carmel, le 16 octobre 1988, Alphonse II, duc d'Anjou et de Cadix, put vénérer ce reliquaire et j'ai demandé à la révérende mère supérieure qu'elle me fasse une photocopie de l'acte de don du chef de la maison de Bourbon, contresigné de Paul Watrin, légitimiste connu et directeur de La science historique. La mort par accident de ski du prince Alphonse eut lieu le 30 janvier 1989 aux Etats-Unis et sa prompte nouvelle nous parvint en
Europe au petit matin du 31, pour ne pas dire en fin de nuit : or le 31 est la fête de saint Jean Bosco (+ 1888), le prêtre de Turin qui avait une réputation de faiseur de miracles et que Joseph du Bourg fut chargé d'amener au chevet du comte de Chambord en train de mourir : les entrevues eurent lieu les 15 et 16 juillet 1883 (saint Henri, N.D. du Mont-Carmel) ; dom Bosco avertit du Bourg que le prince ne règnerait pas et qu'il fallait faire attention aux francs-maçons infiltrés
partout (Joseph DU BOURG, Les entrevues des princes à Frohsdorf. 1873 et 1883. La vérité et la légende,Paris, 1910, p.162-163). Henri V ne régna donc pas... Alphonse II non plus.

Rédigé par hervepinoteau.fr

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