"PANORAMA DE L'HERALDIQUE CAPETIENNE CONTEMPORAINE" - 1955

Publié le 22 Juillet 2015

PANORAMA DE L'HERALDIQUE CAPETIENNE CONTEMPORAINE


L'héraldique capétienne contemporaine est marquée d'un signe de mort. Cela est dû au désordre des prétentions, au manque de support étatique de cette symbolique qui n'est plus réglée par
des hérauts, et enfin à l'ignorance des capétiens de cette science et de cet art. Il faut bien l'admettre; les capétiens ont de moins en moins l'occasion d'utiliser des armoiries. Qui parmi eux utilise encore des cachets et des bagues ? Les couverts d'argenterie et le papier à lettre restent encore les derniers bastions de cette héraldique. Et la venue du croque-mort n'arrange pas les choses ! Les pompes funèbres, tout du moins en France, enregistrent sans sourciller les fantaisies des uns et des autres. Le grand-duché du Luxembourg pouvait être le sanctuaire où se conserverait l'héraldique capétienne avec ses lois séculaires, ne serait-ce que celles du bon goût. Le lecteur verra par la suite qu'il n'en est rien.

I) DESCENDANCE DE SAINT LOUIS : L'AUGUSTE MAISON DE FRANCE :

Le très haut, très puissant et très excellent prince Jacques duc d'Anjou et de Ségovie, Infant d'Espagne, porte : "parti, au I) d'azur à 3 fleurs de lis d'or (France), et au II) écartelé de Cas-
tille, Léon, Aragon, Navarre, enté en pointe de Grenade (Espagne)". Cette composition, pas très heureuse, est surmontée de la couronne fermée à 8 arceaux sortant d'autant de fleurs de lis,
et soutenant la double fleur de lis en carré, cimier de France. Tenants : deux anges en robes blanches, les ailes d'azur et d'or. Collier de la Toison d'Or autour de l'écu. Mgr le duc d'Anjou
étant de droit chef, souverain et grand maître de l'ordre et aimable compagnie de M. Saint Michel et de l'ordre et milice du benoît Saint Esprit, peut porter les deux colliers de ces ordresautour de celui de la Toison d'Or. Il a droit au cri de Monjoie Saint Denis et aux devises Lilia non laborant neque nent et Ex omnibus floribus elegi mihi lilium (1). Les fils de Mgr le duc d'Anjou sont les très hauts et très puissants princes LL. AA. RR. Mgrs Louis-Alphonse et Charles-Gonzales, duc de Bourbon et duc de Bretagne. Etant exclus de la succession espagnole ils ne portent pas les quartiers d'Espagne. S.A.R. Mgr le duc de Bourbon porte les armes de fils aîné de France, dauphin du Viennois : "écartelé de France et de Dauphiné", la couronne formée par 4 dauphins soutenant la double fleur de lis en carré. S.A.R. Mgr le duc de Bretagne doit porter les armes de France brisées, d'une bordure d'hermine par exemple, ou en prenant un "écartelé de France brisé d'un lambel de gueules, et de Bretagne". Comme fils de France, il porte la couronne ouverte à 8 fleurs de lis. Ces deux fils de France portent deux anges tenants, les cris, devises de Mgr leur père et peuvent aussi porter les ordres du roi (2).

* * *

a) Maison d'Espagne. ---- S.A.R. le sérénissime seigneur Jean de Bourbon et Battenberg, comte de Barcelone, chef et souverain de l'ordre insigne de la Toison d'or, grand-maître de l'ordre royal
et distingué de Charles III..., porte les grandes armes d'Espagne : "parti d'un et coupé de deux traits : au I) d'Aragon-Sicile parti de Jérusalem, au II) d'Autriche parti de l'issu de France des
ducs de Bourgogne de la 2de maison, au III) de Farnèse-Parme (3), au IV) de Médicis-Toscane, au V) de Bourgogne, au VI) de Brabant ; enté en pointe de Flandre parti de Tyrol ; sur le tout : écartelé de Castille, de Léon, d'Aragon, de Navarre, enté en pointe de Grenade ; sur le tout du tout : de France" (4). Couronne royale à 8 arceaux, colliers de la Toison d'or et de Charles III ;
devise de Charles Quint : les colonnes d'Hercule sommées de la couronne impériale et de la couronne royale, entourées d'un ruban de gueules portant en or les mots plus ultra (5).
S.A.R. le sérénissime seigneur Jean-Charles de Bourbon et Bourbon, prince des Asturies, chevalier de l'ordre insigne de laToison d'or, porte les armes de son père avec un lambel d'argent ;
sa couronne n'est qu'à 4 arceaux ; il a le collier de la Toison d'or ; son frère S.A.R. le sérénissime seigneur Alphonse de B. et B., infant d'Espagne, devrait briser le lambel du prince des Asturies (par une grenade sur un pendant par exemple) (6) et porter la couronne ouverte d'infant qui est la couronne ducale avec des perles intercalaires.

b) Descendance du premier duc de Séville. ---- La quatrième duchesse de Séville a pour fils Son Excellence François de Paule de Bourbon et Bourbon qui se dit (7) grand-maître de l'ordre militaire et hospitalier de St. Lazare de Jérusalem, Nazareth et Bethléem, tant decà que delà les mers, et porte : "écartelé d'argent à la croix de sinople (l'ordre) et de France à la bordure de gueules (Bourbon)". L'écu est sur une croix de sinople à 8 pointes, bordée et pommetée d'or, entourée du collier de grand-maître ; il est posé sur un manteau de sable portant la croix de l'ordre, doublé d'hermine, sortant d'une couronne à l'antique doublée de sable. Sur certains documents le 4ème duc de Séville, jure uxoris, portait sur l'écu une couronne ducale ou celle des princes du sang de France (8).
Le futur duc de Séville, qui aura droit à la couronne et au manteau ducaux, est sans aucun doute, si Mgr le cte de Barcelone ne reprend pas comme cadet la bordure de gueules, le chef des
armes "de France à la bordure de gueules" que l'on nomme "Bourbon" en Espagne (9). Ses fils François de Paule et Alphonse-Charles de Bourbon et Escasany portent : "écartelé de Bourbon,
Escasany, Miguel, Bourbon". Selon la méthode espagnole, les capétiens d'Espagne non AA.
RR. portent comme armes l'écartelé des quatre apellidos, avec la couronne du titre et le manteau de gueules doublé d'hermine s'ils sont grands d'Espagne. Un duc est toujours grand d'Es-
pagne (10).
Le 2ème duc de Séville, père des 3ème et 4ème duchesses, avait deux frères :
François de Bourbon et Castellvi (11), chevalier de la Toison d'or, qui fut père de plusieurs enfants. === François (+ 1952), 4ème duc de Séville, jure uxoris, dont la descendance est déjà vue. === Joseph de Bourbon et La Torre qui porte : "écartelé ; au I) de Bourbon, au II) La Torre, au III) Bassave, au IV) Castellvi qui est d'azur au château d'argent maçonné de sable, à la bordure componnée d'argent et d'azur". Ses trois fils Charles, Albert et Alvare de Bourbon et Rich devraient écarteler : "de Bourbon, Rich, Carvajo et La Torre". === Henri (+ 1936) est le père de madame Isabelle de Bourbon et Estéban, 5ème marquise de Balboa, qui porte : "écartelé de
Bourbon, Estéban, Yranzo, Léon", avec la couronne de marquis. Elle peut porter en cur les armes du premier marquis qui était Navarro de Balboa : "parti d'or au serpent de sinople accompagné de 4 étoiles d'azur, et de gueules au lion d'or coupé d'azur à 3 fasces ondées d'argent". === Alphonse (+ 1936) est père de Son Excellence Alphonse-Louis de Bourbon et Caralt, 3ème marquis de Squilache, grand d'Espagne, qui porte : "écartelé de Bourbon, de Caralt qui est de gueules au léopard couronné d'or, Mas, Léon", avec couronne et manteau. Comme marquis de Squilache, il peut porter en cur les armes du premier marquis : "Léon" si l'on prend l'érection de 1890 (ce qui nous semble bon) ; ou celles des Gregorio, érection de 1775 : "pallé d'argent et de sable de 4 pièces, coupé d'azur au dauphin d'argent".
Albert de Bourbon et Castellvi, marquis puis 1er duc de Santa Elena, chevalier de la Toison d'or, est père de Son Excellence Albert de Bourbon et Ast, 2ème duc de Santa Elena qui porte : "de
Bourbon" (12) avec couronne ducale et manteau. Sur le diplôme ducal de son père, le manteau sort d'une couronne fermée doublée de velours. Son fils Alphonse (+ 1938) est père d'Albert-
Henri de Bourbon et Perez del Pulgar, 9ème marquis de Santa Fe de Guardiola qui porte : l'écartelé ; au I) de Bourbon, au II) Perez del Pulgar qui est d'argent mantelé à dextre de gueules, à senestre d'azur, avec sur l'argent un lion de gueules couronné d'or, tenant une bannière d'argent ne brochant que sur le gueules et l'azur, et portant les mots Ave Maria de sable, le tout entouré
d'une bordure de gueules chargée de 11 châteaux d'or, au III) Alba qui est d'azur au château d'or portant sur chacune des 2 tours latérales un corbeau de sable, 2 loups d'or étant affrontés près de la porte, au IV) Pinto qui est d'azur à 5 croissants d'argent posés 2,1,2". Avec une couronne de marquis ; comme marquis de Santa Fe de Guardiola, il peut porter en cur les armes Perez
del Pulgar, érection de 1924, ou de Padilla Guardiola, érection de 1690 (ce qui nous semble meilleur) (13) qui sont "d'azur à 3 poêles d'argent accostée chacune d'un croissant du même", ou
mieux : "d'azur à 3 poêles rangées en fasce, mises en pal, chacune senestrée d'un croissant tourné, surmontée d'un croissant versé, soutenue d'un croissant, le tout d'argent". Son frère cadet Alphonse-Marie porte le même écartelé sans écu sur le tout.

c) Maison des deux Siciles. ---- S.A.R. Mgr Ferdinand de Bourbon, duc de Calabre, grand-maître par la Grâce de Dieu et par droit héréditaire de l'ordre sacré et militaire de Constantin portant le titre de Saint Georges sous la règle de Saint Basile, chevalier de l'ordre de la Toison d'or, porte des armes compliquées (14). Comme chef de la maison des Deux-Siciles : "parti de 3 traits ; au I) parti de 2 et coupé d'un : Farnèse, Autriche, Bourgogne, Autriche, Bourgogne, Farnèse, sur le tout : Portugal ; au II) coupé de 4 traits : Castille parti de Léon, Léon parti de Castille avec Grenade enté en pointe, Autriche, Bourgogne taillé ployé de Flandre, Sicile-issu de France ; au III) divisé de même, les quartiers 1-2 étant réunis : Aragon parti d'Aragon-Sicile, issu de France des ducs de Bourgogne de la 2de maison, Brabant tranché ployé de Tyrol, Jérusalem ; au IV) de Médicis qui est d'or à 6 boules en orle, la supérieure de France, les autres de gueules ; sur le tout : de Bourbon". Couronne royale, colliers de la Toison d'or et de l'ordre constantinien de Saint Georges.
Les autres princes des Deux Siciles doivent porter le même écu, et cela a tort, avec le collier du constantinien de Saint Georges ; couronne d'infant (si c'est le cas) ou même couronne fermée
avec un bonnet la doublant à la mode germanique. Mgr le duc de Calabre avait un frère cadet Charles (+ 1949) qui lors de son premier mariage devint infant de grâce et renonça aux prétentions napolitaines. Son fils S.A.R. le sérénissime seigneur Alphonse de Bourbon et Bourbon, infant d'Espagne, chevalier de la Toison d'or ne semble pas pouvoir porter les armes napolitaines. Au décès de Mgr le duc de Calabre, il doit recevoir la grande-maîtrise de l'ordre constantinien de Saint Georges, qui est un ordre familial, héréditaire, non attaché à la Couronne des Deux Siciles. Nous ne savons quelles sont ses armes et celles de son fils S.A.R. le sérénissime seigneur Charles de Bourbon et Bourbon (15).
Le successeur de Mgr le duc de Calabre doit donc être son second frère : S.A.R. Mgr Renier de Bourbon, prince des Deux Siciles, chevalier de la Toison d'or, bailli grand-croix du constantinien de
St Georges, dont les armes doivent être (?) celles des Deux Siciles, avec la couronne de 4 arceaux (c'est l'héritier) et les deux colliers. Son fils Ferdinand de Bourbon n'est pas considéré comme "dynaste" en Espagne ; il se titre S.A.R. Mgr Ferdinand de Bourbon, prince des Deux Siciles, et porte autour de ses armes le collier du C. de St G. dont il est bailli grand-croix. Après Mgr Renier vient encore un autre frère cadet (16) : Mgr Gabriel, chevalier de la Toison d'or, bailli gd-cx du C. de St G. et chevalier de St. Jean... dont les fils LL. AA. RR. Mgrs Antoine, Jean et Ca-
simir de Bourbon, princes des Deux Siciles, portent les armes des Deux Siciles?

d) Maison de Roccaguglielma (en extinction). ---- M. Louis de Bourbon, comte de Roccaguglielma, officier italien, n'a qu'une fille (17). Il porte : "d'azur au château donjonné de 3 tours, posé sur une terrasse herbeuse et soutenant un coq hardi et contourné, surmonté à dextre de 3 fleurs de lis et à senestre d'une étoile, le tout d'or".

e) Descendance de l'Infant Sébastien (en extinction). ---- Cet infant fut père de plusieurs enfants.
François de Bourbon et Bourbon, 1er duc de Marchena, chevalier de la Toison d'or, père de Marie-Christine de Bourbon et Muguiro, seconde duchesse de Marchena, qui porte : "écartelé ; au I) de
Bourbon, au II) Muguiro qui est contre-écartelé, aux 1-4 d'argent à l'arbre de sinople et au loup de sable passant sur le tronc, aux 2-3 d'Aragon, le tout entouré d'une bordure de gueules à la
chaîne d'or ; au III° Beruete qui est d'argent à 2 loups de sable surmontés d'une étoile d'or, à la bordure d'azur chargée de 17 flanchis d'or ; au IV° Bourbon". Pierre de B. et B., 1er duc de Durcal, grand-père de Marie-Christine de Bourbon et Bosch-Labrus, 3ème dsse de Durcal, qui porte : "écartelé ; au I) de Bourbon, au II° Bosch-Labrus qui est d'azur semé de fleurs de lis et de besants d'or, au III) Blat, au IV) Madan qui est d'or à la croix de gueules, parti d'azur au pélican d'argent, les ailes éployées, posé sur une terrasse de sinople". Louis de B. et B., 1er duc d'Ansola, fut père de Louis de Bourbon et Bernaldo de Quiros (+ 1942), 2ème duc d'Ansola dont le fils illégitime, reconnu, Louis-Georges de Bourbon (o 1922) fut candidat en 1952 aux élections municipales de Paris et ne porte pas sans doute la barre sur les armes paternelles. === Son Excellence Manfred de Bourbon et Bernaldo de Quiros, duc d'Hernani, 3ème duc d'Ansola, marquis d'Atarfe et trois fois grand d'Espagne, bailli grand-croix d'honneur et dévotion de l'ordre de Saint Jean,
porte : "de Bourbon, l'écu posé sur la croix de profession de l'ordre, entre les pointes de laquelle passe le ruban de cette dignité". Couronne royale française mais doublée d'un bonnet de gueules,
ce qui en mode germanique en abaisse le rang (sic).

f) Maison de Parme. ---- S.A.R. Mgr Elie de Bourbon, duc de Parme et Plaisance, chevalier de l'ordre (autr.) de la Toison d'or, porte : "coupé de 2 traits ; au I) parti, au 1---- parti de Farnèse-
Parme et de Mantoue-Guastalla ; au 2 ---- tiercé en pal de Hesse (sic ; c'est en réalité un quartier de signification inconnue, qui se lit : d'azur au lion bandé de gueules et d'argent, couronné d'or),
de Médicis-Etrurie et de Malaspina (le buisson de sable, sec) ; au II) tiercé en pal, au 1 ---- d'argent à l'aigle de sable, becquée, membrée de gueules, couronnée d'or, chargée de l'écu de Savoie ; au 2 ---- occupé par l'écu sur le tout qui est écartelé de Castille et Léon avec sur le tout du tout : de France à la bordure de gueules chargée de 8 coquilles d'argent (Bourbon-Parme) ; au 3 ---- d'Autriche ; au III) tiercé en pal de Pallavicini, Paléologue et Landi". Couronne fermée, doublée ; anges tenants ; devise : Deus et dies ; colliers des ordres de la Toison d'or, du constantinien de St. Georges (18) et ruban de St. Louis de Parme. Son fils S.A.R. Mgr Robert de Bourbon, prince héritier de Parme, porte de même sans la Toison.
S.A.R. Mgr (François-) Xavier de Bourbon, prince de Parme, est comme presque tous les membres de sa famille : sénateur grand-croix du C. de St. Georges ; il porte : "de Bourbon" (19)
avec le collier du Constantinien et une couronne fermée à 8 arceaux partant de 8 fleurs de lis, soutenant un monde crucifère, et doublée d'un bonnet (toujours la mode germanique). Mgr Xa-
vier qui est Lieutenant en France de l'ordre équestre du Saint Sépulcre de Jérusalem, et chevalier d'honneur et de dévotion de l'ordre de St. Jean, ne porte pas ces ordres dans ses armes. Son fils
aîné Mgr Hugues de Bourbon porte l'ordre de St. Louis de Parme. Les autres frères de Mgr le duc de Parme portent l'écu dit de "Bourbon-Parme" décrit ci-dessus avec ses 8 coquilles (20).

g) Maison de Luxembourg. ---- S.A.R. Mgr Félix de Bourbon, prince de Parme, est devenu par son mariage : prince de Luxembourg et de Nassau (21). Il porte les armes de son épouse la grande-
duchesse : "écartelé de Nassau et de Luxembourg" et y ajoute sur le tout : "de France à la bordure de gueules chargée de 8 coquilles d'argent, qui est Bourbon-Parme". Couronne fermée comme Mgr Xavier, le collier du C. de St. Georges (22) et les rubans des ordres de la Couronne de chêne et du Lion d'or de la maison de Nassau. Anges tenants en plus avec dalmatiques et bannières aux armes... Son fils aîné : S.A.R. Mgr Jean de Bourbon, grand-duc héritier de Luxembourg, prince héritier de Nassau (23) porte depuis son mariage des armes contestables à tous les points de vue : "parti de Nassau contourné et de Luxembourg, Bourbon-Parme en pointe". Couronne fermée doublée de pourpre (24). Nous ne savons si S.A.R. Mgr Henri de Bourbon, prince de Luxembourg, son fils, s'est vu attribuer des armes ; cela vaut peut-être autant qu'il n'en ait pas reçu ! Les autres enfants de Mgr Félix portent la belle composition suivante : "écartelé de Luxem-bourg et de Nassau, Bourbon-Parme sur le tout". Quelle couronne? Comme Mgr Jean? (25).

h) Maison d'Orléans. ---- Le très haut et très puissant prince S.A.R. Mgr Henri d'Orléans, comte de Paris (26), prince du sang de France (27), chevalier de la très sainte Annonciade (de Savoie), devrait porter comme duc d'Orléans de droit : "de France au lambel d'argent" avec couronne ouverte à 8 fleurs de lis, et 2 anges tenants. Le Bulletin du "secrétariat politique de Mgr le
comte de Paris" est orné d'une belle composition où se reflètent ses prétentions au trône de France ; on y voit un écu de France tenu par 2 anges à genoux, et surmonté d'une couronne fermée à 4 (sic) arceaux. Ses fils qui devraient être titrés : très hauts et très puissants princes LL. AA. RR. Mgrs N. d'Orléans, princes du sang de France, sont qualifiés de : princes de France (sic) (28) par leurs partisans. L'aîné, Mgr Henri d'Orléans, qui doit porter les armes de Dauphin, aurait dû recevoir, selon la tradition orléaniste, un titre à sa majorité... Il l'attend toujours. Nous plaçons ici, quoique venant après les Orléans et Bragance-Brésil dans l'ordre de primogéniture, le très haut et très puissant prince S.A.R. Mgr Charles d'Orléans, duc de Nemours, prince du sang de France (29) qui est bailli gd-cx. d'h. et d. de l'ordre de St. Jean, et qui porte : "de France au lambel d'argent" avec la couronne ouverte à 8 fleurs de lis, et les 2 anges.

i) Maison d'Orléans et Bragance. ---- S.A. Mgr Pierre d'Alcantara-Gaston d'Orléans et Bragance porte les armes brésiliennes, ce qui est contestable (30), avec sans doute une couronne fermée
et les ordres brésiliens. Les membres de sa maison ne sont que simples AA. étant exclus de la succession brésilienne et de la française (en "droit orléaniste" pour cette dernière).

j) Maison du Brésil. ----S.A.I. Mgr Pierre-Henri d'Orléans et Bragance, est le chef de la maison du Brésil ce qui le rend grand-maître des ordres de Pierre Ier et de la Rose. Il porte : "de sinople à une sphère armillaire d'or posée sur la croix de l'ordre du Christ--- qui est alaisée et pattée de gueules, chargée d'une croix alaisée d'argent-bordée d'or, environné d'un cercle d'azur bordé
d'argent, chargé de 19 étoiles du même ; en cur : un écu de France au lambel d'argent, qui est Orléans" (31). La couronne, d'un modèle non conventionnel, est doublée de sinople ; les 8 ar-
ceaux, sortant de palmettes, soutiennent le cimier du roi Emmanuel Ier du Portugal : la croix du Christ sur la sphère armillaire. Il ne semble pas que soient utilisés la branche de caféïer et la tige de tabac en fleurs, ni le ruban de Pierre Ier et le collier de la Rose.
Son fils aîné S.A.I. Mgr Louis-Gaston d'Orléans et Bragance, prince impérial du Brésil, devrait-il porter les mêmes armes que son père, avec une couronne à 4 arceaux ? Ses frères LL. AA. Mgrs Eudes d'O. et B., prince du Grand Para, et Bertrand, Pierre, Ferdinand, Denis, Antoine d'O. et B., princes du Brésil portent ...? (32).

k) Maison d'Orléans et Bourbon. ---- S.A.R. le sérénissime seigneur Alphonse d'Orléans et Bourbon, infant d'Espagne, chevalier de la Toison d'or, porte : "de France au lambel d'argent" avec la couronne d'infant, la Toison d'or (33). Son fils, Son Excellence Alvare d'Orléans et Saxe-Cobourg-Gotha, duc de Galliera, devrait lui aussi porter : "d'Orléans" avec une couronne ducale. Ses enfants qui sont Orléans et Parodi Delfino ne sont pas "dynastes"
en droit espagnol.

l) Maison illégitime de Busset. ---- M. Jacques de Bourbon, 13ème comte de Busset, cousin du roi, baron-pair de France (se titrant comte de Bourbon-Busset), porte : "de France à la cotice alaisée de gueules, périe en bande, et au chef de Jérusalem" (34) ; couronne de prince du sang (35), anges tenants (36), et devise Espérance (37). Les membres de sa maison portent de même avec
la tendance à enlever le chef de Jérusalem. La sous-branche illégitime des Razout existe peut-être encore, mais le rameau qui reçut des armoiries de Napoléon Ier et de Louis XVIII, en la personne d'un général, s'est éteint dans ce personnage.

II) LES MAISONS PORTUGAISES

Ces maisons étant toutes illégitimes, et l'étant toutes au moins deux fois pour remonter par les mâles vers Hugues Capet, seront donc classées elles aussi dans le plus pur ordre de primogéniture. Seront désignées sous le nom de "Portugal ancien" les armes : "d'argent à 5 écus (quinois) posés à plomb 1,3,1, et chargé chacun de 5 besants d'argent, posés 2,1,2". Le terme de "Portugal" résumera les mêmes armes entourées "d'une bordure de gueules à 7 châteaux d'or".

 

a) Maison de Lancastre. ---- Louis de Lancastre Basto Baharem, 6ème comte de Lousa, porte les armes traditionnelles des Lancastres : "de Portugal, brisé d'un filet de sable posé en barre sur
le seul champ d'argent et passant sous le quinois en cur" ; depuis longtemps on a tendance à poser ce filet en bande, mais cela ne se peut. Couronne de comte et cimier : un pélican avec ses 3 petits dans leur aire, le tout d'or, sa pitié étant de gueules.

b) Maison de Portugal et Castro (illégitime). ---- Antoine II Pizarro de Melo et Sampayo de Portugal et Castro, représentant du titre de 4ème baron de Sao Cosme, porte : "d'argent au sautoir de gueules chargé de 5 écus de Portugal-ancien et de 4 croix fleurdelisées d'argent, vidées de gueules, le tout brisé d'un filet de sable péri en barre". Couronne de baron.

c) Maison de Portugal de Castro. ---- Les divers membres de cette maison ne portent aucun titre. Le chef de cette maison, Caetano de Portugal et Castro, porte donc comme tous les autres :
"d'argent au sautoir de gueules chargé de 5 écus de Portugal-ancien et de 4 croix fleurdelisées d'argent, vidées de gueules." Couronne dite de noblesse, c'est-à-dire à 3 fleurons visibles.

d) Maison de Bragance et Sousa. ---- Lopo de Bragance, 6ème duc de Lafoes, 7ème marquis d'Arronches et de Marialva (37ème chef de Sousa), porte : "parti, au I) de Portugal, au II) écartelé de Portugal et de Sousa qui est de gueules au lunel d'argent (Sousa-Arronches)". Couronne et manteau de duc ; cimier : un château d'or ; les membres non titrés de cette maison portent cet écu avec la couronne de noblesse.
e) Maison de Bragance-Viseu. ---- Sont qualifiés ainsi, faute de mieux, les fils de S.A.R. Mgr Michel de Bragance, infant de Portugal (frère aîné de l'actuel duc de Bragance), puis duc de
Viseu lorsqu'il renonça au trône pour contracter une union "inégale". Nous ne savons pas quelles furent les armes de cet infant ni celles de ses fils Mgrs Jean et Michel de Bragance dont on ne
sait au juste s'ils ont une postérité !
f) Maison de Portugal, dite : sérénissime maison de Bragance.---- S.A.R. Mgr Edouard, duc de Bragance, de Guimarães et de Barcelos, marquis de Vila Viçosa... chevalier de l'ordre de la Toison d'or (autrichienne), de la très saint Annonciade, etc... porte : "de Portugal" avec une couronne royale sans doublure, qu'il peut rendre originale en lui donnant un aspect très végétal (comme au XVIème siècle) et lui donnant le cimier du roi Emmanuel Ier.Il peut aussi employer la triple chaîne aux fins maillons, portant, dans un médaillon circulaire flamboyant, les insignes des ordres du Christ, de St. Jacques de l'épée et Aviz, surmontés du Sacré Coeur de N. S. J. C. Il peut prendre comme supports deux dragons ailés d'or, brandissant, celui de dextre d'une bannière "de
Portugal-ancien", celui de senestre une : "de gueules à 7 (2,3,2) châteaux d'or". Il est père de S.A.R. Mgr Pie-Edouard de Bragance, prince de Beira, qui porte comme son père, mais la couronne à 4 arceaux. Père aussi de LL. AA. SS. Mgrs Michel et Henri de Bragance, infants de Portugal, qui avec une couronne ouverte, devraient porter : le premier un lambel d'or sur l'écu de Portugal ; le second, le même lambel mais le premier pendant étant : "d'azur à la fleur de lis d'or" pour rappeler sa mère Marie-Françoise d'Orléans et Bragance (38).
g) Maison Alvares Pereira de Melo. ---- Jacques Alvares Pereira de Melo, 13ème comte de Tentugal, représentant des titres de 10ème duc de Cadaval, 12ème marquis de Ferreira, porte : "d'argent au sautoir de gueules chargé de 5 écus de Portugal et de 4 croix fleurdelisées d'argent, vidées de gueules", avec une couronne ducale ; cimier : un cheval issant d'argent, les mors et les rênes d'or, bridé de gueules, 3 fois navré de gueules sur le cou".
h) Maison de Sousa Coutinho. ---- Antoine de Sousa Coutinho Castelo-Branco et Menezes est représentant des titres de 4ème marquis de Borda, 7ème marquis de Valença, 18ème comte de Redondo, et de 15ème comte de Vimioso. Il porte les armes classiques des Sousa Prado : "écartelé de Portugal-ancien et d'argent au lion de pourpre (ou : gueules), armé, lampassé d'or". Couronne de marquis. Les autres membres de sa maison portent de même avec la cou-
ronne de noblesse sauf, avec les couronnes adéquates : Charles de Sousa Coutinho, 6ème comte de Linhares, et Dominique de Sousa Coutinho, 4ème marquis de Funchal.
i) Une maison très douteuse : les Aurora. ---- Joseph de Sa Pereira Coutinho, 3ème comte d'Aurora serait peut-être capétien (?). Il porte : "parti, au I) échiqueté d'argent et d'azur de 21 pièces (Sa), au II) d'argent à 3 fasces échiquetées de gueules et d'or à 3 tires, chaque fasce chargée d'un filet de sable (Sotomayor)". Couronne de comte.

* * *

Telles sont les armoiries portées à l'heure actuelle par les membres de la plus ancienne (39), la plus noble et sans doute la plus sainte maison de l'univers. Au terme de ce tableau, nous osons les inciter à porter des armes simples, car la beauté naît souvent de la simplicité. Qu'ils ne craignent pas de briser. Cette méthode n'a rien d'infâmant. Elle existe pour que le blason soit
ce qu'il doit toujours être : un signe de connaissance.
A cette maison soit la gloire même dans son humble aspect héraldique ! Que ses membres daignent se souvenir d'une symbolique qui reste toujours bien vivace par ailleurs, alors qu'ils ne
sont que trop enclins à la négliger ou à la méconnaître.

 

H.P.

NOTES

(1) Tout ceci n'est qu'un extrait de notre livre : "Héraldique capétienne" dont deux volumes, sur cinq, sont déjà parus aux Cahiers nobles, 16 rue de Montpensier, Paris Ier. Nous n'envisageons toujours, sauf des exceptions espagnoles, que l'héraldique masculine. Les épouses portent en général deux écus accolés, qui rendent moins bien qu'un parti dans un écu, l'unité d'un être et d'un couple. Les filles ne brisent pas dans la maison capétienne. Il semble d'ailleurs que la coutume de briser chez les filles soit uniquement le fait des rois d'armes britanniques qui sont d'un zèle étonnant. Tous les capétiens sont donnés dans l'ordre de primogéniture qui seul compte pour la loi de succession française, loi qui semble devoir accepter tous les résultats légitimes d'unions catholiques. La branche bâtarde des Busset est mise en fin de I) ; complètement aveuglé, le Grand Armorial de France les a placé tout dernièrement, dans son t. VII, en tête de tous les Bourbon, en laissant entendre qu'ils sont légitimes ! Ce qui n'est.
(2) Le roi de France a souvent contrevenu à l'article 3 des statuts du St. Esprit, disant que l'ordre ne peut être donné par le roi qu'après son sacre. On peut donc considérer que Mgr le duc d'Anjou peut le conférer ; Mgr Louis comte de Marnes et Mgr Henri comte de Chambord ne firent aucune
promotion ; Mgr Charles duc de Madrid fit plusieurs chevaliers ; Mgr Jacques duc de Madrid et d'Anjou fit chevalier le roi Alphonse XIII et Mgr Sixte de Bourbon prince de Parme. Si Mgr le duc d'Anjou veut donner cet ordre (en réalité St. Michel et St. Esprit), il peut le faire, en particulier à
ses enfants. Les fils de France recevaient les insignes des ordres dès qu'ils étaient ondoyés, le jour même de leur naissance, et n'étaient reçus en chapitre solennel qu'après leur première communion.
(3) Les fleurs de lis du quartier Farnèse sont rangées 1, 2, 2, 1 pour faire pendant aux boules des Médicis, mais on les trouve aussi très souvent posées : 3, 2, 1.
(4) Depuis le roi Alphonse XIII (1936) l'écu sur le tout du tout est de France. Cependant, Mgr le comte de Barcelone étant cadet par rapport à Mgr le duc d'Anjou, il serait bon qu'il reprenne la bordure de gueules.
(5) Cette devise est le symbole de l'Outre-mer, et de l'empire colonial espagnol. Le chef de la maison d'Espagne a le droit aussi aux anges tenants, au pavillon, au Santiago et à la devise A solis ortu usque ad occasum. Nous insistons sur la simplicité, ce qui est une garantie de la beauté.
Essayons de guérir l'héraldique d'une profusion d'ornements extérieurs venant de l'imagination d'un avocat bordelais du début du XVIIème s. : Pierre Moreau. Il est vrai que Mgr le comte de Barcelone porte aussi les petites armes : Castille, Léon, Aragon, Navarre, Grenade, France, avec la couronne et la Toison.
(6) Un autre exemple : le pendant dextre du lambel peut être : "d'azur à la fleur de lis d'or" pour rappeler la famille de la mère de l'infant.
(7) Nous renvoyons au sujet de cet ordre aux études parues dans HIDALGUIA. On y trouvera tout ce qu'il faut penser, de mauvais, sur de telles fantaisies. Il est désolant de voir des membres de la maison de France patronner cela. Les chevaliers portent un chef d'argent à la croix de sinople
et un collier différent de celui du grand-maître (dans tous les ordres de chevalerie, tous les colliers sont semblables, pour le grand-maître et les chevaliers... mais pour St. Lazare et l'ordre constantinien de St. Georges de Parme il y a une différence).
(8) Il n'y a au fond aucun inconvénient à ce que tous les Bourbon prennent la couronne de prince du sang, employée déjà en France au XVIIIème s. par tous les princes du sang, et qui plus est, par des bâtards !
En effet, en dehors de cet argument, même s'ils ne portent pas effectivement les titres et prérogatives de princes du sang de France, AA. RR., les capétiens légitimes, issus d'alliances catholiques, vivant à l'étranger doivent sans doute pouvoir être considérés comme aptes à être AA. RR., et princes de ce sang. L'inégalité des mariages étant nulle vis à vis du droit français,
reste donc la question de l'autorisation. Or des centaines de capétiens se sont très certainement mariés sans en référer au roi... Songeons que le titre de prince du sang ne date que de la fin de la Renaissance. Souvent rien ne distinguait dans la titulature le capétien du simple particulier.
Au XVIIème siècle, la Saint Eglise Romaine maintiendra contre Louis XIII que les membres de sa maison peuvent se marier sans son autorisation, et que leur mariage étant valide, ni le roi, ni le parlement, ni l'Eglise de France ne pouvaient annuler un sacrement ; or il s'agissait ni plus ni moins que du frère du roi ! Nous tenons donc à rectifier en ce sens nos deux volumes déjà parus. Le droit (les lois fondamentales) ne peut dépendre de la seule volonté du roi, et il semble difficile d'être plus exigeant que la Sainte Eglise Romaine. Mais cela ne légitime pas l'inflation d'AA. RR. et de princes... D'ailleurs, l'A. R. n'est qu'une coutume récente, d'origine italienne (XVIIème s.), et qui est au fond bien inutile. Cela ne légitime pas non plus les couronnes fermées. Jusqu'à la fin de la monarchie française (1830), les enfants de France et les princes du sang portaient des couronnes ouvertes de 8 fleurs de lis. D'ailleurs l'héraldique française a toujours été très simple
et au fond de bon goût. Alors, quand on veut être un prince du sang de France, on ne va pas chercher outre-Rhin une symbolique étrangère à l'esprit français qui est tout de mesure. Par contre, que les Bourbon vivant en Espagne prennent des anges pour tenants, et nous n'y verrons aucun inconvénient.
(9) Le chef du nom de Bourbon est Mgr le comte de Barcelone, son frère aîné portant provisoirement ce nom, ainsi que ses deux fils.
(10) En France, il est très difficile de connaître les armes d'un nom patronymique (appelido). En effet, les dictionnaires nobiliaires espagnols donnent plusieurs armes pour un appelido. Quelles armes prendre ? Celles ayant la bordure ou celles sans bordure ? D'autres fois il y a plusieurs
appelidos et chacun a une ou plusieurs armes. Faut-il prendre la famille qui est de Biscaye, de Castille ou de Jaen ? Aussi on trouvera plusieurs appelidos avec des armes non décrites. Nous
demandons que l'on nous vienne en aide (la moitié de ce que nous donnons est due à la bonté de Son Excellence le duc de Santa Elena) afin que cela puisse être marqué dans nos futurs volumes. Signalons pour terminer que le dictionnaire nobiliaire de M. Atienza, si utile par ailleurs, donne des origines fantaisistes aux Bourbon.
(11) Qui se disait à tort duc d'Anjou.
(12) Bourbon voulant toujours dire quand on est en Espagne : "de France à la bordure de gueules".
(13) Car c'est une érection espagnole, tandis que pour le marquis de Squilache la première érection était napolitaine.
(14) Ce sont en effet les armes les plus compliquées que l'on puisse trouver chez les capétiens. Dans notre tome II nous en avons donné 21 variantes qui toutes dérivent de ce que nous avons décrit ici-même ; cet ensemble fut inventé par le roi Charles VII (don Carlos III roi d'Espagne dont
l'influence fut désastreuses sur les armes espagnoles). Le roi des Deux Siciles (1816) et de Jérusalem aggrava la situation en se soumettant comme tant d'autres au diktat du collier qui engendrait depuis le XVIIIème s. l'écu pitoyablement elliptique. De plus il prit le chiffre absolument record de 7 colliers ! Ce chef d'oeuvre de mauvais goût (concurrencé par les armes du roi Joachim Napoléon Ier... à croire que la vue du Vésuve détraque le bon goût des héraldistes officiels !) dure encore. On notera l'injustifiable position des quartiers essentiels : Sicile-issu de France et Jérusalem. De plus les Angevins de Naples portaient Jérusalem en I du parti et non Sicile ; donc ces deux quartiers devraient permuter en pointe. Nous proposons à Mgr le duc de Calabre les armes suivantes : "écartelé : aux I) et IV) tiercé en pal de Jérusalem, Sicile-issu de France, Aragon-Sicile, aux II) et III) de Bourbon", armes analogues à celles de Jacques de Bourbon comte de la Marche, époux de la reine Jeanne II. Si le chef de la maison devenait par
hasard infant, il remplacerait "Bourbon" par les petites armes d'Espagne, avec "Bourbon" et non "France" sur le tout. Mgr le duc de Calabre peut très bien prendre une couronne royale avec comme cimier la double fleur de lis en carré, car c'est là le cimier de tous les princes des fleurs de lis. Signalons que les maillons du collier du C. de St. G. sont pleins et circulaires, séparés par des fleurons d'or. Le central est ajouré.
(15) Il ne peut être qualifié de prince de Bourbon, ce qui ne veut rien dire, son nom étant de plus : B. et B. Il ne peut être prince des Deux Siciles, son grand-père ayant renoncé ; certains auteurs espagnoles essaient de s'en tirer avec un "prince de la maison royale de Bourbon" ; il y a des maisons royales de France, d'Espagne et des Deux Siciles, mais non de Bourbon... qui ne peut être que ducale ! Il ne peut y avoir aussi de princes de France, de Bourbon, de Bourbon-Siciles, de Bourbon-Parme, etc.
(16) Entre Mgrs Renier et Gabriel se trouvait Mgr Philippe (+ 1949) dont le fils Gaëtan a dû pour être naturalisé britannique (un capétien devenant sujet de Sa Gracieuse Majesté Britannique, on aura tout vu !) abandonner ses titres et prétentions. Il a deux fils qui ne doivent porter que le
nom de Bourbon.
(17) Le roi François II des Deux Siciles avait reconnu le mariage secret de Mgr le comte d'Aquila avec Amélie Hamel ; les titres princiers ne pouvaient pas se transmettre dans cette descendance. Mgr le comte d'Aquila devint comte de Roccaguglielma et son épouse put porter ce titre. Il est dit
dans l'acte que ce titre sera transmissible à leur descendance tant masculine que féminine et sera porté par la dite descendance comme nom patronymique sans que la mère et la descendance puisse en ajouter d'autres.
Ce qui n'a pas empêché cette descendance de se parer du nom de Bourbon, et le Gotha donne : Bourbon-Aquila. Lors du procès "Bourbon princes de Luxembourg et de Parme, contre Freeman", on a dit que les Orléans donnaient par amitié l'A. R. à cette descendance d'une gardienne de prison (Mme Malzieux) : c'est ainsi que l'on crée le droit et que l'on arrive à un pâle succédané du Gotha, paru en France en 1953 ; l'on y trouve une débauche de fausses titulatures. Le roi d'Italie Humbert Ier a régularisé la situation de la comtesse de R. et maintenant le titre ne serait plus que de stricte primogéniture.
(18) Les armes parmesanes présentent des quartiers espagnols dans une mauvaise abréviation : Castille-Leon. Nous conseillons à Mgr le duc de Parme : "écartelé, aux I) et IV) de Bourbon-Parme (les 8 coquilles), aux II) et III) tiercé en pal de Farnèse, Mantoue et Médicis". Ici, l'issu de France passe à la place d'honneur, devant trois familles italiennes ; chez Mgr le duc de Calabre, l'issu de France passe après trois royaumes (Jérusalem, Naples et Sicile). Mgr le duc de Parme peut prendre la couronne fermée à fleurs de lis, mais doublée de gueules. Depuis le décès (1907) de S.A.R. Mgr Robert de Bourbon, infant d'Espagne, duc de Parme, la grande-maîtrise de l'ordre
constantinien de St. Georges est abandonnée et l'ordre n'est plus porté que par quelques membres de la maison; seul reste donc en jeu le seul vrai ordre : le napolitain.
(19) Son frère aîné Mgr Sixte portait lui aussi "de Bourbon" sans coquilles. C'est contraire aux habitudes de cette maison (les ducs de Parme, Mgr le comte de Bardi...) qui veulent les coquilles. Mgr Sixte (+ 1934) portait couronne fermée, comme on peut le voir sur le médaillon fait en 1927 par Raoul Bénard, et comme on put le voir sur son catafalque à Souvigny. Sa pierre tombale dans la même église portent purement et simplement les armes de France, sans la moindre brisure, et la couronne du roi de France, sans la moindre doublure qui eut pu en mode germanique en abaisser le rang. Mais sur la même pierre n'est-il pas dit : "arrière (sic, il est arrière-arrière) ----petit----fils de Charles X ?" Oui, mais par une femme !
(20) Mettons que Mgr Xavier prenne les coquilles pour se distinguer de la masse des "Espagnols" et que ses enfants brisent en écartelant "de Bourbon-Parme et de Bourbon-Busset" par exemple, il reste les cas des autres princes. Mgr Félix est vu ailleurs, et ses frères peuvent très bien briser
sur la bordure : en remplaçant une ou des coquilles par un meuble venant du blason de leur mère, quinois ou château... Leurs enfants feraient de même avec leurs blasons. La descendance de Mgr Xavier peut aussi briser Bourbon-Parme d'une cotice alaisée de gueules posée en bande, pour montrer qu'ils descendent d'une Bourbon (-Busset). Mais que tout le monde garde la couronne ouverte.
(21) Mgr Félix devenu Luxembourgeois avec le titre de prince de Bour- bon de Parme qui vient tout droit de l'almanach de Gotha (von B. zu P.) et non de la tradition capétienne, il est donc titré dans ce pays de prince de B. de P., prince de L. et de N., et il a transmis officiellement cette curieuse principauté à ses enfants.
(22) Il peut aussi porter le collier des Séraphins (Suède), que Mgr Jean a aussi, et celui de l'ordre suprême du Christ (pontifical ; il n'y a que quatre titulaires), mais les princes capétiens ne portent que leurs ordres : ceux de leur maison propre, ceux du roi, et la Toison. Mgr Félix s'est donné un
moment une grande composition à la Moreau, l'écu étant elliptique. Espérons que ce ne sont plus là que souvenirs...
(23) Qualifié en Luxembourg de prince de B. de P.
(24) Cette composition qui aurait pu être valable en soi (cf. le parti Farnèse-Mantoue des ducs de Parme, ou le parti aux lions affrontés de Gueldre-Juliers) est ahurissante par le fait que pour la première fois de l'histoire héraldique capétienne on voit un prince du sang de France placer les fleurs de lis en pointe. Outre qu'il est inesthétique de surcharger une pointe (ici d'un écu), il est presqu'infâmant de faire servir les lis de l'auguste maison de France comme escabeau pour les modestes lions de Luxembourg et de Nassau. Les XVIIIème et XIXème siècles avaient bien engendré des fautes de goût et des monstruosités héraldiques (Deux Siciles...) mais nous avons là l'erreur du XXème siècle. On se demande quel peut être l'inventeur d'une telle composition, qui existe depuis le mariage de Mgr Jean.
En tout cas le collier du constantinien de St. Georges, la devise ich dien, les anges tenants, semblent avoir péri dans la tourmente...
(25) Ils sont titrés princes de L., de B. de P. et de N. La belle composition aux 4 lions rappelle celle analogue des fameux Luxembourg des XIV et XVème siècles. Il nous semble que la descendance de Mgr Félix devrait changer les coquilles en feuilles de tilleul d'or (cf. les anciens cimiers des rois de Bohême, de la maison de Luxembourg).
(26) Titre contestable car ne faisant pas partie de l'ancien apanage
des Orléans. Mgr Henri est en réalité duc d'Orléans, de Valois, de Chartres, de Montpensier en Auvergne, dauphin d'Auvergne, prince de Joinville en Champagne, etc... Il se dit Henri comte de Paris, et est dit Mgr le comte de Paris (sans A. R.) par ses partisans.
(27) Non premier prince du sang ; ce titre n'est plus bon depuis 1830. Seul le fils du 4ème duc de Séville pourrait y prétendre ?
(28) Ce titre n'a jamais existé. Il y avait au temps jadis des fils etdes filles de France...
(29) Le premier prince du sang en droit orléaniste.
(30) Sa sœur Mme la comtesse de Paris les portent.
(31) Le sceau de l'Empereur Pierre II montre une sphère armillaire à 7 méridiens, dont le grand cercle dans le plan de l'écu, et 5 parallèles, dont l'équateur. Les étoiles à 5 rais sont 19 ; innombrables les variantes.
(32) Notons que pour la loi brésilienne, il n'y a qu'une seule Altesse impériale : le fils aîné (ou fille aînée si pas de fils) de l'empereur. Seul Mgr Louis-Gaston est donc bien A. I. Mais le chef de la maison impériale est aussi qualifié ainsi. Les autres membres de la maison sont AA. Il ne saurait y avoir d'AA. RR. dans un empire, et alors que la maison de Brésil est séparée de la maison de Portugal depuis le siècle dernier (1825) et de la maison d'Orléans dite de France (1909). Même remarque pour les autres Orléans et Bragance. Les princes du Grand Para et du Brésil
peuvent porter un lambel et le briser d'un fuselé en bande d'argent et d'azur (Bavière, leur mère) sur un ou plusieurs pendants. Ils sont grand-croix de Pierre Ier et de la Rose, avec collier pour cet ordre. Mgr le prince impérial est premier grand-croix et dignitaire de ce dernier ordre.
(33) Il devrait porter : "écartelé de Castille, Léon, Aragon, Navarre, enté en pointe de Grenade, sur le tout : d'Orléans".
(34) Les seigneurs puis comtes de Busset d'une branche illégitime de la maison de Bourbon, et qui s'est reconnue telle durant des siècles, ont tout d'abord porté : "d'argent au pal de France-ancien brisé d'une bande de gueules (ce qui était là signe de bâtardise) et au chef de Jérusalem". Leur cimier qui était un ou deux animaux (ceux fantastiques de César Borgia) et non une double fleur de lis en carré, montre lui aussi la bâtardise. Le chef de Jérusalem est pour montrer qu'ils descendent d'un évêque de Liège duc de Bouillon. Le pal s'élargira et le signe de bâtardise (les armes des anciens ducs de Bourbon sur un pal) est effacé au prix d'un anachronisme (semé de fleurs de lis en plein XVIIème s., alors que la réduction à 3 est faite depuis le début du XVème s.) lorsque le pal touche le bord de l'écu.
Enfin, la réduction à 3 se fait au début du XVIIIème s., avec en plus la réduction de la bande de gueules en une cotice alaisée périe en bande. Les bâtards de Malause en étaient là de leurs transformations (une bande fleurdelisée avait envahie tout le champ et ils n'avaient pas le chef de Jérusalem) lorsqu'ils s'éteignirent au début du XVIIIème s. Les armes Busset que nous avons décrites sont celles officialisées par le roi Louis XVIII lors de la création de la baronnie-pairie (1824). Il existe depuis le siècle dernier une tendance à enlever le chef, pour faire plus "Condé", et Bourbon légitime.
(35) Les Busset et les Malause en étaient à la couronne ducale au début du XVIIIème s. A la fin de ce siècle, les Busset prirent la couronne de prince du sang, puisqu'elle était prise par la descendance illégitime de Louis XIV.
(36) On est loin des modestes griffons qui devaient venir de la maison de Tourzel d'Alègre ( XVIème s.). Depuis le XVIIIème s., les Busset ont des anges.
(37) Devise datant du XIXème s. et reprise (discutable) de celle des anciens ducs de Bourbon dont ils descendent illégitimement.
(38) En strict droit portugais, le fils aîné du roi ainsi que son propre fils aîné sont Altesses royales ; les autres fils sont Altesses Sérénissimes.
(39) Cette maison remonte indiscutablement à Robert abbé laïc de Marmoutiers le 3.4.852 (+ Brissarthe le 15.9.866) qui devait être de la maison des Robert comtes de Wormsgau et Oberrheingau (Robert l'ancêtre est mort avant 7-764), maison qui devait être celle des Robert-Lambert qui furent les grands serviteurs des maires du palais et, avant eux, de certains rois
mérovingiens. Une mise au point va paraître bientôt dans le premier volume des Seize quartiers des capétiens par MM. de Joannis et de Saint Jouan ; La Sauvegarde historique, 142 rue de Créqui, Lyon (Rhône).

Rédigé par hervepinoteau.fr