EDOUARD GUILLOU PRESENTE LES "VINGT-CINQ ANS D'ETUDES DYNASTIQUES" PAR HERVE PINOTEAU (1982)

Publié le 17 Juillet 2015

A sa femme, Alsacienne d'une illustre famille, et à ses quatre grands fils, le baron Pinoteau vient de dédier un ouvrage rassemblant ses nombreuses découvertes au cours de Vingt-cinq ans d'études dynastiques, c'est le titre du livre. Après avoir présidé à son mariage et baptisé chacun de ses enfants, il a semblé de mon devoir de participer, aujourd'hui à l'heureux événement de cette publication. Notre amitié d'esprit a commencé le jour où le jeune historien avait bien voulu porter attention à mes recherches sur la symbolique versaillaise. Parues, depuis lors, aux "Editions d'Histoire et d'Art" et intitulées Versailles, le palais du soleil, ces considération, maintenant communément reprises, avaient été publiées par un bulletin de documentation d'audience restreinte, "Nouvelles de Chrétienté" (1955), mais déjà rien n'échappait à la diligente curiosité d'Hervé Pinoteau, qui reste à l'affût de tout ce qui peut intéresser et illustrer l'histoire monarchique. C'est dire le très précieux apport du livre publié par les "Editions Christian". Personne ne serait à même, sans le regroupement de ces études, de consulter les diverses revues spécialisées, françaises ou étrangères, où s'échelonnent sur tant d'années les résultats d'un travail aussi réussi qu'assidu. Le caractère savant de ces pages, la rigueur de leurs démonstrations, l'application aux plus infimes détails, peuvent décourager le vulgaire. Mais le "vulgum pécus" ne lit pas "Lecture et Tradition". Comme l'abeille sur les fleurs, même ceux qui ne sont pas symbolistes, sauront en tirer le suc de leur miel ; ils se promèneront dans un jardin enchanté. Certes, tant d'articles épars et tant de communications ne vont pas sans quelques redites, d'ailleurs toujours utiles ; mais ces répétitions sont souvent nécessitées par une mise à jour, voire une correction, ou par un point de vue nouveau. Hervé Pinoteau participe à de nombreux congrès savants, il rencontre les esprits les plus distingués et les plus compétents, il ajoute ses propres recherches aux leurs, attentif à leurs remarques, soucieux toujours d'exactitude rigoureuse. Quand une chose est bien établie, peu lui chaut de déplaire à d'ardents monarchistes même ; il est l'antithèse parfaite de ces historiens qu'il faudrait appeler plutôt des conteurs et qui font le succès de maintes revues. Le domaine héraldique, symbolique, généalogique, choisi par Hervé Pinoteau, peut paraître de prime abord ne pas relever de la grande histoire. Mais ce serait oublier qu'elle n'est pas un pur catalogue de faits, ni même un simple enchaînement de causes. Elle est faite de successions qui parlent. Ce n'est pas un hasard, aux yeux chrétiens, qu'à partir de saint Louis tous les rois de France sont ses héritiers directs,
ni qu'il faille constater qu'à partir de Louis XIII, qui consacra sa couronne et son royaume à Notre-Dame, tous les princes en droit d'hériter se rattachent à ce fils qui lui fut donné après tant de prières et comme la réponse de Marie à la consécration de février 1638. L'histoire est faite
aussi par des hommes qui ont une pensée, une foi, un idéal. Or la symbolique est une science qui va au fond des choses ; elle se sert des yeux et de l'art pour conduire à l'idée et à l'action. Elle révèle un esprit ; elle impose un programme ; elle lui donne couleur et attrait. Les illustrations du livre de Hervé Pinoteau achèveront d'en persuader, bien que plusieurs d'entre elles gagneraient à être moins sombres. On regrettera aussi l'absence de tables plus détaillées, permettant
de retrouver rapidement dans la masse compacte de six cents pages les renseignements que l'on désire. Mais il est bien vain de les chercher ailleurs car Hervé Pinoteau est, de nos jours, le seul érudit à avoir fait ce qu'il a fait. On doit le remercier de ses efforts, l'encourager à les poursuivre.
Il ne faut pas laisser passer l'occasion de fournir un très utile département de sa bibliothèque, et d'avoir sous la main un instrument de travail qui sera pour beaucoup une vraie source de réflexion. Patriote et catholique, l'auteur regrette le temps présent et souhaite un nouveau régime, ce qu'il ne saurait cacher ; cela transparaît dans nombre de ses lignes. Comment l'en blâmer ? Dans l'attente d'une Renaissance, sachons mettre à profit les informations qu'il a réunies pour
la perpétuité de notre France catholique et royale. Comme on l'a dit, l'avenir appartient à qui recueille et à qui sème l'éternelle fleur du passé.


Fr. Edouard GUILLOU m. b. (Lecture et Tradition n° 98 - 1982)

Chiré

Rédigé par hervepinoteau.fr

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